13/12/2018

Playlist #WEEK50/18 - 'Vaporwave'

Je pourrais vous parler des heures de ce style qu'on appelle vaporwave. Pour résumer, c'est un courant hyper éclectique qui partage avant tout, en général, une esthétique très particulière et ce peu importe le genre musical finalement pratiqué. Après tout, ce genre est en partie issu de la culture 'meme' et n'est fait que d'une longue série de reproductions entrainant des variations, tout ça dans quinze directions simultanément, en ligne uniquement, du funk à l'ambient.

Pour en savoir plus, le mieux est encore que vous regardiez cette vidéo rassemblant les différentes facettes du genre.
Mais vous pouvez aussi vous plonger ici et là directement dans les ressorts politiques / idéologiques du vaporwave, oui oui.
Pour un récapitulatif sur les origines 'meme' et les nombreuses déclinaisons c'est ici.
Et pour ceux qui sont vraiment là pour la musique, ici vous avez une vidéo de plus de vingt minutes traitant par le menu la naissance, les influences, et le futur DES genres que sont finalement le vaporwave. 

WEEK 50/18 :
1. Luxury Elite - Salut
2. Nmesh - A Face Without Eyes / Byte By Byte
3. Blank Banshee - Teen Pregnancy
4. Macintosh Plus - 420
5. Saint Pepsi - Cherry Pepsi
6. Saint Pepsi - Enjoy Sourself
7. 2814 - 新宿ゴールデン街8.
8. Esprit - Summer Night
9. FrankJavCee - Vaportrap
10. Home - Resonance
11. Windows 95 startup Sound Slowed 4000%
12. Ment - 0023
13. Blank Banshee - Ammonia Clouds
14. VHS Logo - Dreams
15. Whitewoods - Misery Loves

12/12/2018

♫ La Carmagnole

"La barricade Saint-Antoine attaquait au nom de la Révolution, quoi ? la Révolution. Elle, cette barricade, le hasard, le désordre, l’effarement, le malentendu, l’inconnu, elle avait en face d’elle l’assemblée constituante, la souveraineté du peuple, le suffrage universel, la nation, la république ; et c’était la Carmagnole défiant la Marseillaise."
Victor Hugo - Sur les barricades de juin 1848 (Source)



La Carmagnole est un hit de la révolution française. Sortie en 1792, c'est à la fois un air, un chant et une danse. On la lie souvent aux sans-culottes, mais elle a été reprise à de très nombreuses occasions. Elle a parfois vu ses paroles modifiées et vous en avez une assez bonne présentation ici, avec les différents ajouts en fonction des époques.

Wiki nous dit qu'on dansa La Carmagnole "autour des guillotines, mais aussi devant l'Assemblée de la Convention et autour des 60 000 arbres de la Liberté que la République fit planter en France. On la dansa dans les rues jusqu'au Consulat et chaque fois que survint un soulèvement populaire." 

Malgré certaines références plus ou moins explicites à la Révolution de certains Gilets Jaunes, on ne peut pas dire que le mouvement se soit réellement approprié La Carmagnole. Ca ne m'a pas empêché d'avoir de bonnes surprises et d'autres moins bonnes... 

On commence avec une vidéo de Bassem Braiki. Pour que les choses soient claires, je ne partage pas les opinions que j'ai pu apercevoir sur sa chaine. Il a notamment sa petite vidéo conspi sur la tragédie de Strasbourg, ce qui en 2018 reste révoltant, mais devient surtout désespérant tant les conspis semblent parfois tenir la toile. Mais ça n'est pas le sujet ici. Dans une vidéo datée du 1er décembre et consacrée à l'ACT III des GJ, Bassem Braiki fait une analyse personnelle des erreurs stratégiques du gouvernement en matière de maintien de l'ordre. Il rappèle ensuite un certain principe d'égalité de tous les citoyens, et termine en saluant bien bas les Gilets Jaunes avant d'entonner La Carmagnole. Le récit de la révolution court dans de nombreuse têtes. 27 993 vues. C'est hélas bien moins que sa vidéo conspi...

Dans un registre un peu plus léger, j'ai collectionné quelques versions musicales :
- Une reprise sobre d'un Gilet Jaune, guitare chant, datée du 22 novembre.
- Une version prémonitoire diffusée en mai 2018 et sous-titrée 'La Macronienne'.
- Une version piano jouée en solidarité avec les Gilets par Monsieur Jack, un pianiste youtubeur anglais(?) qui reprend des classiques des révolutions. Celle-ci est datée du 10 décembre.
- Beaucoup d'autres versions existent, notamment dans un registre plus classiques. J'en conserve deux. Une version chantée, et une version instrumentale.

Je me suis permis de ralentir et remastériser cette dernière version pour qu'elle sonne un peu plus comme la BO de Harry Potter ;)


09/12/2018

Forum GJ



J’ai fait une visite dans un groupe de Gilets Jaunes sur Facebook. J’y ai croisé une vieille dame à lunette convaincue que les problèmes de la France viennent d’une loi sur la banque de France signée en 1973, la loi ‘Pompidou-Giscard-Rothschild’. « Mais réveillez-vous ! » m’écrit-elle.

Je viens de lui rentrer dans le lard et d’essayer d’expliquer que notre problème est dans la structure même de la société. Elle ne comprend pas et m’invite à nouveau à ouvrir les yeux en me renseignant sur cette loi. La petite histoire est connue et je sais que la fixation sur une seule loi comme source de nos maux signifie une recherche de causes ‘clé en main’. Je sais aussi que si la loi ‘Rothschild’ est visée, ça sent potentiellement le complotiste aigu voir l’antisémite. Mais ça n’est pas le cas. Elle ne pointe pas du doigt les boucs émissaires historiques de la droite et des paranos. J’essaie de poser le débat, de complexifier. C’est une erreur. Aider par d’autres, elle me répète qu’on me ment, que le réveil va être dur. Je perds patience. 

C’est vraiment la panade sur ce forum et je me demande si le choix de rejoindre le mouvement —notamment pour éviter qu’il soit squatté par les forces de la réaction — ne devrait pas également s’appliquer aux groupes FB des GJ. Parce que si le plus important pour l’instant c’est sans aucun doute de continuer à ouvrir la situation, ça peut vouloir dire ouvrir des canaux de discussions. 

Je connais suffisamment le sujet des complots et de leur présence en ligne pour affirmer une chose : On ne réglera pas le problème du complotisme chez les GJ à la manière des journalistes. Leur expliquer que ce qu’ils croient est faux ne nous mènera nul part. Il va falloir dialoguer plutôt que confronter.

On reconnait facilement les fachos en ligne, on arrive même à distinguer des nouveaux venus, les néo-réactionnaires et l’alt-right. C’est utile parce qu’il est évident qu’aucun dialogue ne peut être ouvert avec eux, donc autant que les choses soient rapidement claires. Mais c’est aussi utile pour distinguer en négatif ceux et celles qui ne s’accrochent à certaines idées bancales ou nauséabondes que pour avoir l’impression de comprendre ce qui leur arrive.

Si l’idée est effectivement de dialoguer et d'ouvrir, au risque de choquer, je pense qu’on doit élargir les enjeux pour distinguer des points d’accord primaires, trouver des concordances, abstraites, idéalement théoriques. Le plus large qu’on puisse faire c’est que « Nous nous battons tous pour l’avenir », mais on ne changera pas l’avis de grand monde en commençant par là. Voilà plutôt en exemple ce que j’aurais du dire à la vielle dame :
« Mais vous êtes contre l’oligarchie financière ? Moi aussi ! Laissez-moi vous poser quelques questions qui nous mettrons d’accord. »

J’aurais embrayé sur les questions de répartition de l’argent et du pouvoir, et nous avancions vers des réalités tangibles plutôt que des explications toutes faites.

Y a du boulot.

Ajout du 11/12 :
Tous ceux et celles avec lesquels j'ai échangé en ligne ont été cordiaux. Ceux qui avançaient l'immigration comme une priorité, via le Pact de Marrakech, l'ont fait sur une base économique, le "y a pas d'argent pour nous, y en a pas pour les autres". J'ai l'impression qu'on est très loin des tarés que j'ai l'habitude de croiser sur la toile. Et pourtant ils sont aussi du mouvement. Dans une vidéo j'ai vu un mec porter un gilet jaune flanqué de l'inscription 'Deus Vult, un cri de ralliement des croisés. 

08/12/2018

Playlist #WEEK49/18 - 'OSTOOL'

Original Soundtrack of Our Lives - Playlist un peu particulière puisque c'est à peu de chose près ma bande son pour les semaines historiques (?) que nous vivons. Le temps s'est arrêté alors que chaque instant semble devenir candidat à l'Histoire. Cette manif, cette bavure, ce gilet, cette revendication. Mais c'est bien la période toute entière qui réouvre les possibles et nous laisse suspendus à la lutte et à l'espoir rénové qu'elle porte en elle. Seulement l'espoir ne suffira pas.    

WEEK 49/18 :
1. Johan Johansson - The Cause of Labour is the Hope of the World
2. Patlabor II OST - Unnatural City
3. Unfinished Portraits - Stay
4. Blade Runne OST - Janpese Woman's Blimp Song
5. Jon Hassel - Last Night The Moon Came
6. Yet Still Night - Nocture for Orchestra
7. Unfinished Portraits - Leaving
8. Westworld OST - Full of Splendor
9. Lucinda Chua - Somebody Who
10. Jon Hassel - Timeless
11. Akira - Kaneda's Theme
12. Forest Swords - Crow
13. Bob Michel - L'Internationale


08/12/2018

Un dénominateur et l'autre




Le bruit court en ville que les gens de ce pays se seraient rencontrés et qu’ils s’entendraient à merveille.

Quelque chose les a poussé à occuper les ronds-points, à parler, à s’unir et aujourd’hui à se faire entendre dans toute la France. C’est une idée qu’ils ont désormais à l’esprit et en commun, entre eux et avec ceux qui les ont précédé. Ils pensent que l’inégalité et l’injustice sont des raisons de se soulever.

Ca n’a rien de nouveau mais il aura fallu attendre que chacun ait terminé de se faire frontalement humilier par l'orgueil d'un pouvoir en roue libre pour que ce sentiment intense ou ténu soit enfin perçu par tous pour ce qu’il est : la réalité de l’inégalité dans ce pays et le fanatisme économique de ceux à qui elle bénéficie.


« Seulement en France on fout le bordel pour ça, on est capable d’aller au bout et on a de l’imagination. » 

Le voilà le substrat du récit national tel que machinalement transmis par l’école de la République pendant des siècles à des enfants toujours plus nombreux et d’horizons variés. Une promesse de résistance, en l’honneur de ceux qui ont résisté avant nous face au népotisme d’une caste.

Et si c’est peut-être tout ce qu’il reste à opposer face à l’évidence que le pouvoir nous a grugé depuis trop longtemps, c’est déjà assez pour commencer à refaire de la politique.

07/12/2018

GJ : 3 analyses d'un bord (Lundi.am)




J'archive ici trois textes diffusés sur Lundi Matin (hebdo en ligne tendance Tarnac) entre le 1er et le 8 décembre 2018, soit pendant la semaine qui aura sans doute le plus radicalisé le mouvement des Gilets Jaunes, et transformé la situation en un évènement historique dont les conséquences seront nécessairement les fondations d'un tournant, même si on ignore encore lequel. 

*

PROCHAINE STATION : DESTITUTION est une analyse brève et tranchante, et une invitation à comprendre l'ampleur du mo(uve)ment : 

"Soit nous parvenons dans les mois qui viennent à opérer la bifurcation nécessaire, soit l’apocalypse annoncée se doublera d’une mise au pas sécuritaire dont les réseaux sociaux laissent entrevoir toute l’étendue imaginable."

*

LA CLASSE MOYENNE PEUT-ELLE ÊTRE RÉVOLUTIONNAIRE ? m'a mis une claque et je ne pense pas qu'un membre de la classe moyenne, d'en haut ou d'en bas, puisse rester de marbre face au miroir tendu par ce texte : 

"Le modèle érigé pendant des décennies comme la norme du bonheur, celui qui a légitimé le fait, répété des millions de fois, de bosser comme un connard pendant toute sa vie pour avoir une maison en banlieue et les bagnoles qui vont avec, ce modèle est maintenant non seulement dépassé, mais condamné. Telle est la grande tragédie de la classe moyenne d’aujourd’hui. Avant, on pouvait noyer l’ennui d’une telle existence dans un sentiment d’appartenance très fort, celui « de faire comme tout le monde ». Aujourd’hui – quand on n’a pas fait le choix d’en avoir rien à foutre de rien, non seulement on s’ennuie, non seulement on en chie, non seulement on vit sous pression, mais en plus on doit s’avouer qu’on a de toute façon tort de vivre comme ça. Naturellement, toutes les conditions sont réunies pour un pétage de plomb en règle."
*

CONTRIBUTION À LA RUPTURE EN COURS complète les premiers textes avec une analyse large du mouvement, de ses composantes, de ces perspectives, et de ses leçons pour l'extrême gauche autant que pour les partis et les syndicats :  

"Paris est une émeute, mais Paris, aussi bien, est un leurre. Une vitrine spectaculaire. L’échelle du mouvement est locale. Nous espérons qu’elle le reste et multiplie ses points d’existence ainsi que les rencontres qui s’y tiennent. La généralisation de la perspective d’assemblées « populaires » locales, comme à Saint-Nazaire ou à Commercy, pouvant agréger d’autres groupes que les « gilets jaunes » mobilisés, irait dans ce sens. Cela demande des ressources, de l’énergie, de la force, de l’entraide. Des caisses de blocage, matérielles comme numériques, pourraient être mises en place. Politiquement, le rôle des associations amies et même des élus locaux favorables au mouvement est à déterminer, comme celui du passage à la nouvelle année."

06/12/2018

Vidéo : La danse de l'époque



Une vidéo réalisée par la danseuse Nadia Vadori-Gauthier pour sa performance Une minute de danse par jour. C'est datée du samedi 1er décembre 2008 et tournée boulevard des Capucines dans le 9ème arrondissement de Paris. Il est 16h36 quand une manifestation de Gilets Jaunes vient se perdre par là, au milieu des 7940 grenades lacrymo lancées ce jour là dans la ville.  
La vidéo originale est ici. Et il me semble que la musique (France Gall - Baby pop 1965) est ajoutée par Mr.Propagande.

05/12/2018

La situation est ouverte


Nous n'aurons pas beaucoup d'opportunités. 

Personne ne sait ce qu'il va se passer et personne ne sait à quoi demain pourrait ressembler. 

Mais nous pouvons imaginer le futur, 
deux en fait : 

Le premier est écrit et cauchemardesque.
C'est la lente agonie de la démocratie de marché et le gavage des élites jusqu'à la fin et jusqu'au régime autoritaire. 

Le second c'est une idée, faite de principes vieux comme les sociétés humaines. 
Il ne peut ressembler au présent.

Venez, on a besoin de tout le monde. 


 
CAMARADES