13/01/2011

L'indécence au pouvoir : MAM offre l'aide sécuritaire à la Tunisie

A ce niveau, on ne sait plus quel mot employer : connerie ? incompétence ? ignorance ? Comment Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères de la République, intervenant dans le cadre solennel de l'Assemblée nationale en lisant un texte écrit d'avance, a-t-elle pu proposer une coopération sécuritaire à la Tunisie au moment où les morts se comptent par dizaines ? 

Invraisemblable ? Ecoutez-la donc, c'était dans le cadre de la séance des questions au gouvernement, mardi, en réponse à la question d'un député qui relevait l'« incohérence » entre la position française en faveur de la démocratie en Côte d'Ivoire, et son soutien « indéfectible à la dictature de M. Ben Ali ». La réponse de la ministre, après avoir « déploré » les violences : 
« Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type.
C'est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [Algérie et Tunisie, ndlr], dans le cadre de nos coopérations, d'agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité. » (Voir la vidéo de BFM-TV)
 

Ainsi donc, tout ce que la France trouve à dire à propos de la tuerie qui se déroule depuis plusieurs jours en Tunisie face au mouvement de la jeunesse, c'est que techniquement, c'est pas parfait et que notre « savoir-faire » est à sa disposition.

Après coup, le Quai a dû juger ce texte -officiel- indécent

La déclaration est à ce point hallucinante qu'elle a été ratiboisée par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valéro, qui, mercredi, l'a pudiquement résumée de la sorte : 
« Aujourd'hui, face à cette situation, la priorité doit aller à l'apaisement après des affrontements qui ont fait des morts. »
« Le ministre d'Etat a également rappelé que nous demandons “que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité.” »
Exit donc l'offre de partager cette « expertise » que le monde entier nous envie. L'indécence a dû sembler, a posteriori, trop grande, y compris au sein même du Quai d'Orsay, où, pourtant, la déclaration solennelle avait vu le jour.
Car la ministre ne s'est pas fait piéger au micro d'une radio ou par « l'Internet » : elle a lu un texte officiel, en réponse à une question posée à l'avance.

Une dictature ? « Tout à fait exagéré » pour Frédéric Mitterrand

Michèle Alliot-Marie va donc devoir incarner, pour longtemps, le cynisme de la France officielle face à la dictature de Ben Ali. Elle coiffe sur le poteau son collègue de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui s'était bien placé, pourtant, en déclarant dimanche sur Canal + : 
« Il y a une opposition politique mais qui ne s'exprime pas comme elle pourrait le faire en Europe. Mais dire que la Tunisie est une dictature univoque, comme on le fait si souvent, me semble tout à fait exagéré. »

Entre les « anathèmes » que Michèle Alliot-Marie ne veut pas prononcer, et la poursuite de cette complaisance vis-à-vis d'un régime qui fait tirer à balles réelles sur sa jeunesse, il y avait sans doute une attitude plus noble, plus respectueuse des Tunisiens, et une manière de dire le refus de ce qui se perpétue dans les villes tunisiennes que même la novlangue diplomatique permet.

De quoi regretter le silence de la France

Depuis plus de deux décennies, Jacques Chirac, puis Nicolas Sarkozy, mais aussi, disons-le, une partie de la gauche française, ont délibérément fermé les yeux devant un régime dont on vantait les succès économiques et la laïcité, en refusant d'en voir la face à peine cachée, la main-mise d'un clan familial sur l'économie du pays, les pratiques mafieuses au plus haut niveau, les impasses sociales aujourd'hui criantes, et la répression de toute contestation, notamment sur le Web.
Le roi est nu aujourd'hui, aussi bien à Tunis qu'à Paris. Il aura fallu le suicide d'un jeune de Sidi Bouzid pour que craque, non seulement la façade de la dictature tunisienne, mais aussi l'ampleur de ses complicités de ce côté-ci de la Méditerranée.
Le silence de la France officielle devenait pesant après plusieurs semaines de révolte, et surtout après le massacre de Kasserine. La manière dont ce silence a été rompu par la ministre d'Etat fait regretter le temps où Paris se taisait. Au moins, pouvait-on espérer qu'à défaut d'avoir le courage de l'exprimer, Paris avait au moins la compassion et la solidarité qu'est en droit d'attendre le peuple tunisien. 

Publié le 12 janvier 2011 par Pierre Haski sur Rue89

11/01/2011

Stéphane Hessel, je suis indigné par votre soutien au directeur général du FMI

Par Alain Vidal.

Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, ne cesse de préconiser des mesures à l’opposé du programme du Conseil National de la Résistance dont vous vous réclamez : démantèlement des services publics en Grèce et ailleurs. Des malades ne sont plus soignés, des jeunes sont privés d’avenir au nom de la préservation des profits des seigneurs du capital.

Stéphane Hessel, vous vous indignez tout en plaidant pour un Dominique Strauss-Kahn qui a voté, lui et son parti, pour le Traité Constitutionnel Européen. Un Traité dont l’article 127 autorise banquiers et marchés financiers à s’enrichir par l’endettement des états. Un Traité qui a trahi votre idéal de résistant. A la Libération, par la loi du 2 décembre 1945, le gouvernement français eut le courage d’interdire de telles pratiques. La Banque de France eut ordre de faire des prêts, à taux quasiment zéro, à l’Etat, au nom du développement des services publics. Pendant 28 ans, ni déficit, ni dette publique. Dans l’agriculture et l’industrie, les gens, remplacés par les machines, furent nombreux à devenir fonctionnaires au service de l’intérêt général, il n’y avait pas de chômage…La production des biens matériels étant assurée par un nombre décroissant de gens, le temps libéré par la technologie était massivement déversé dans le secteur des activités immatérielles au service de l’intérêt général (écoles, hôpitaux, dispensaires, médecine préventive, recherche, culture, transports …).

Pour la première fois, un gouvernement mettait en pratique la gratuité de l’argent créé par les banques. Une gratuité reconnue de fait par l’abandon de la parité-or au XXème par tous les états de la planète. Grâce aux prêts gratuits accordés par la Banque de France, les services publics pouvaient se développer en intégrant ceux qui dans l’industrie et l’agriculture avaient été remplacés par les machines. Le fonctionnaire ne perçoit pas un salaire mais un traitement. Le fonctionnaire n’est plus un salarié parce que son activité ne sert plus à l’enrichissement d’actionnaires qu’ils soient de la banque ou d’autres secteurs du privé. En ce sens, le service public est un sanctuaire qu’il nous faut défendre.

Mais, par la loi du 3 janvier 1973, Giscard et Pompidou, interdirent les prêts gratuits de la Banque de France à l’Etat, ce dernier fut contraint d’emprunter (en payant des intérêts) auprès des banques privées et des marchés. Ainsi commence l’endettement de l’Etat : démantèlement des services publics avec chômage croissant. Les cliniques privées se développèrent au détriment des hôpitaux… En introduisant cette loi dans le Traité Constitutionnel Européen, le rédacteur de ce traité, Giscard d’Estaing, soutenu par Dominique Strauss-Kahn et son parti, a généralisé l’endettement à toute l’Europe.

Les banquiers privés règnent en maîtres absolus. Ils font payer le crédit à l’Etat comme aux particuliers. Un véritable racket, quand on sait que l’argent « prêté », c’est 95% de monnaie électronique pour 5 % de billets et de pièces (papier et métal vulgaire de très faible valeur marchande…). Nous faire payer, pour un prêt à 5% sur quinze ans, deux fois le prix de la maison achetée, sous prétexte que l’argent coûte cher, c’est une escroquerie ! Quand on sait qu’aucune monnaie dans le monde n’est alignée sur l’or. La création monétaire est totalement dissociée de l’obligation pour les banquiers d’acheter des réserves d’or comme autrefois.

Stéphane Hessel, comment pouvez-vous vous faire l’avocat d’un Dominique Strauss-Kahn qui, décoré par le président Ben Ali, déclare « En Tunisie, la politique économique adoptée ici est une politique saine et constitue le meilleur modèle à suivre pour de nombreux pays émergents. » La Tunisie, un pays avec 45% des jeunes au chômage, où les opposants et les avocats sont jetés en prison et torturés. Un pays avec deux immolations par le feu et vingt morts en quelques jours de manifestations populaires…

Stéphane Hessel, comment pouvez-vous défendre la candidature à la présidentielle de 2012, d’un directeur général du FMI qui, depuis toujours, subordonne l’intérêt général aux seuls intérêts particuliers des seigneurs du capital, alors que vous vous prononcez pour « le retour à la nation des grands moyens monopolisés, fruit du travail commun, des richesses du sous-sol, des sources d’énergie, des compagnies d’assurance et des grandes banques… Pour une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général ».

Dans l’espoir que vous comprendrez mon indignation comme une nécessaire contribution au débat, je souhaite discuter avec vous, comme nous l’avions fait à Nantes en 2008, sur la base de ce que vous revendiquez au début de votre livre : « L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ». Que le temps libéré par la machine ne soit plus gaspillé sur l’autel de la croissance dite « économique » qui n’est qu’un paravent masquant la seule croissance des profits des seigneurs du capital. Que le temps libéré par la machine serve à l’extension des services publics, facteurs premiers de la prospérité des peuples.
Solidairement vôtre pour résister à tous les exclueurs, responsables, conscients et bien vivants, de la misère du monde.

Alain Vidal, Nantes, le 10 janvier 2011

Libérons La Monnaie

Publié le 11 janvier sur LeGrandSoir

11/01/2011

Déclaration commune des partis et mouvements tunisiens d’opposition

Nous signataires de la déclaration ci-dessous :

Devant l’escalade dangereuse de la répression à THALA, KASSERINE ET REGUEB,
Devant les tirs de la police hier et aujourd’hui, ce qui a causé la mort de plus de 20 martyrs au bout de quelques heures en plus du nombre élevé de blessés ;

1) Présentent nos condoléances aux familles des victimes et à la population de THALA, KASSERINE, REGUEB et à tout le peuple tunisien pour les martyrs tombés pour le droit au travail ; à la liberté et à la dignité.

2) Condamnent avec force ce carnage dont la responsabilité incombe entièrement au pouvoir ainsi que la répression et l’assassinat provoqués lors des protestations populaires qui ont démarré le 17 décembre 2010.

3) Demandent :

§ l’arrêt immédiat des tirs sur les citoyens isolés et le retour des forces de police et de l’armée à leurs casernes et la poursuite des responsables qui ont donné l’ordre ainsi que ceux qui ont exécuté ces crimes et aussi ceux qui les ont exécutés dans d’autres régions du pays.

§ la libération de tous les détenus arrêtés à la suite des manifestations populaires ainsi que les détenus du bassin minier et de tous les détenus politiques.

§ assurer les libertés et le respect du droit du peuple tunisien à la liberté d’expression, à la liberté d’information, à la liberté de manifester, à la liberté de s’organiser et à la liberté de choisir ceux qui le gouvernent et ceux qui le représentent.

TUNIS LE 9 JANVIER 2011

SIGNATAIRES :
PARTI DÉMOCRATE PROGRESSISTE / PARTI OUVRIER COMMUNISTE / CONGRES POUR LA RÉPUBLIQUE / PARTI ENNAHDHA / PARTI TUNISIE VERTE / MOUVEMENT UNIONISTES NASSERIENS / MOUVEMENT BAATH / COMITÉ NATIONAL DE SOUTIEN AUX FAMILLES DE SIDI BOUZID POUR LE DEVELOPPEMENT ET LA DÉMOCRATIE / ASSOCIATION LIBERTÉ ET ÉGALITÉS / ASSOCIATION TUNISIENNE CONTRE LA TORTURE / COMITÉ DE SOUTIEN A LA POPULATION DE SIDI BOUZID / ASSOCIATION TUNISIENNE DE DÉFENSE DES PRISONNIERS POLITIQUES / UNION DES JEUNES COMMUNISTES TUNISIENS / UNION DES JEUNES ÉCRIVAINS LIBRES .

11/01/2011

L’argent turkmène à tout

 - JPG - 35.7 koQuand la courtoise "Revue parlementaire" fait la cour à la dictature de l’ex-URSS sur trois pleines pages, la commission des Affaires étrangères soupçonne une intrusion toute diplomatique.
En Asie mineure, la France compte un allié majeur : le Turkménistan. Sarko le courtise pour son gaz. « Bouygues brother » est le frère bâtisseur du régime, confirmé dans un récent câble diplomatique par WikiLeaks. Et, étrange hasard, la courtoise Revue parlementaire, dans son numéro de novembre, fait la cour à la dictature de l’ex-URSS sur trois pleines pages. Pour un mensuel situé rue de Bellechasse, c’est cocasse !
Reste qu’à l’Assemblée la lecture du magazine a provoqué des remous. Le député socialiste Gaëtan Gorce s’en est ému auprès de ses confrères, rappelant, dans un courrier, que l’« article met en valeur la politique menée par le gouvernement du Turkménistan, au mépris absolu de la réalité ». Dans ce fameux article, on se délecte d’apprendre que « la vie politique intérieure de l’État est devenue plus animée » et « a permis l’émergence de partis politiques et la fondation de mass media privés ». Ou encore que des « palais d’habitation sont accessibles à chaque employé d’un établissement public ». Et qu’ainsi le Turkménistan « a fait une avancée impressionnante dans presque tous les domaines, que ce soit l’agriculture, l’industrie, le secteur de la sécurité sociale de la population ».

Publireportage

De la pub déguisée ? À la commission des Affaires étrangères, des députés suspectent l’intrusion de l’ambassade du Turkménistan dans les colonnes du journal. Pour une somme rondelette aux alentours de 30 000 euros. Quant au directeur de la publication, Romain Chetaille, militant et ex-candidat villiériste reconverti dans le journalisme, il concède benoîtement : « Une société extérieure a fait appel à nous. »
En avril dernier, l’Assemblée avait refusé l’inscription à l’ordre du jour d’un partenariat entre l’Union européenne et le Turkménistan. Considérant, dans un rapport, que cet État est « l’une des dictatures les plus dures de la planète, [et qu’il est] fréquemment comparé au régime nord-coréen et à la junte birmane ». Même le député communiste Jean-Paul Lecoq y était allé de son petit mot outragé : « Toutes les dictatures tirent argument de la conclusion d’accords internationaux pour se maintenir en place au détriment de leur population, y compris l’URSS en son temps. » La Pravda, c’était mieux avant.

Publié le 11 janvier par Louis Cabanes sur Bakchich

11/01/2011

Légion d'honneur : Sarko décore le boss d'une agence de notation à "l'attitude criminelle"

C'est de Marc Ladreit de Lacharrière qu'il s'agit, patron de Fitch Ratings élevé au grade de Grand Officier le 1er janvier 2011. Pourtant, Sarkozy l'a maintes fois répété : il n'aime pas "ces fameuses agences de notation", "à l'attitude criminelle", qui "n'ont pas fait leur travail" et qui "doivent être sanctionnées". Quand Sarko fâché, lui faire toujours ainsi... ?

Par décret daté du 1er janvier 2011, ce sont pas moins de 700 bienheureux qui ont été épinglés au tableau de la promotion du Nouvel An de l'Ordre national de la Légion d'honneur. Parmi cette kyrielle de gens très bien (Jeannie Longo, Fadela Amara, Christine Boutin, Michel Charasse...), LoudL a tiqué sur un nom à rallonge un peu particulier... Marc Ladreit de Lacharrière, modestement présenté comme "président de société, membre de l'Académie des beaux-arts, président du conseil d'administration de France Muséums".

Un CV un peu court, en réalité. Car cet homme, 12ème fortune française selon Forbes avec 1,1 milliard $ (53 ème du classement Challenges avec 700 millions €), est aussi (entre autres) administrateur de Casino, L'Oréal et Renault, membre du conseil consultatif de la Banque de France, membre du groupe Bilderberg et grand manitou de Fimalac (Financière Marc de Lacharrière), maison-mère de Fitch Ratings, dont il est président. Nous y voilà... Notre homme est donc le patron d'une des trois plus grosses agences de notation du monde.

Un "scandale" !(?)

Soit une des cibles favorites de notre président, qui se déclarait le 24 avril 2008 "très choqué" par "ces fameuses agences de notation" qui "n'ont pas fait leur travail" et qui "doivent être sanctionnées". Le 1er avril 2009, il vitupérait encore "le scandale que représentait l'absence de transparence de certaines agences de notation" dont les "notations à triple A un vendredi devenaient des triple B un lundi"... L'Élysée dénonçait enfin leur "attitude criminelle", quand Bercy les qualifiait de "pousse au crime". Excusez du peu. Et Fitch Ratings dans tout ça ? Comme les autres, avant la crise, l'agence de notre désormais Grand Officier accordait des AAA à plus de 80% des produits basés sur les subprimes. En revanche, nous noterons qu'elle avait à juste titre dégradé la note de Lehman Brothers de A+ à D... après l'annonce de sa faillite !
Qui aime bien châtie bien...


http://www.lesmotsontunsens.com/legion-d-honneur-sarko-decore-le-boss-d-une-agence-de-notation-a-l-attitude-criminelle-8871

10/01/2011

Washington veut mettre la main sur des comptes Twitter liés à WikiLeaks

WikiLeaks a annoncé, samedi 8 janvier, que la compagnie Twitter avait reçu une injonction légale des autorités américaines lui demandant de livrer des informations sur le compte de Julian Assange et de trois autres personnes. Dans un communiqué, WikiLeaks explique que des responsables du département d'Etat américain réclament "les messages privés, les contacts, les adresses IP et des détails personnels sur le compte de Julian Assange et de trois autres personnes" liées à WikiLeaks.
Outre Assange, il s'agit de Birgitta Jonsdottir, une députée islandaise qui a travaillé avec WikiLeaks, Bradley Manning, le soldat américain soupçonné d'avoir volé des documents officiels, et du hacker néerlandais Rop Gonggrijp. Le compte de WikiLeaks lui-même est également visé. L'injonction a été récupérée et mise en ligne par le site Salon.com (cf: : annexe).

"L'existence d'une enquête secrète pour espionnage menée par un grand jury américain est confirmée aujourd'hui pour la première fois", a affirmé WikiLeaks. La formation d'un grand jury est strictement confidentielle aux Etats-Unis. Si l'information est vraie, cela signifie qu'une inculpation pourrait être imminente. Le New York Times rapportait, fin décembre, que le département de la justice des Etats-Unis travaillerait à une inculpation pour "conspiration" contre Julian Assange.

"Si le gouvernement iranien tentait d'obtenir des informations de cette manière auprès des journalistes ou des militants étrangers, des ONG dans le monde entier réagiraient", s'étonne ensuite WikiLeaks. Ils estiment en outre avoir "des raisons de croire que Facebook et Google, entre autres, ont reçu des injonctions similaires de la justice" américaine. Aucune de ces deux compagnies n'a pour l'instant commenté cette information. Twitter n'a pas non plus souhaité réagir, soulignant que sa politique consistait à informer ses utilisateurs, dans la mesure du possible, lors que les autorités veulent avoir accès à des informations personnelles.

Birgitta Jonsdottir, députée au Parlement islandais, a réagi à cette action judiciaire sur son compte Twitter. "Le gouvernement américain veut connaître tous mes Twitt et davantage, depuis le 1er novembre 2009. Ont-ils conscience que je suis membre du Parlement islandais ?", s'est-t-elle étonnée. Jonsdottir a joué un rôle dans la diffusion d'une vidéo par WikiLeaks montrant l'armée américaine tirant sur des journalistes en Irak. "Ce n'est pas juste pour de l'information. C'est une mise en garde pour tous ceux qui ont été liés à WikiLeaks, a-t-elle regretté dans le quotidien britannique The Guardian. C'est inacceptable que la justice américaine joue les gros bras de cette façon".

ANNEXE : INJONCTION 

Publié le 8 janvier 2011 sur LeMonde.fr
(Photo : Matt Dunham / AP)

09/01/2011

Déni de génocides : des anciennes et nouvelles normes impériales

Il faudrait sans doute parler ici de néocolonialisme sémantique. Dans ce texte, publié en introduction de The Politics of Genocide, le linguiste Noam Chomsky revient longuement sur le double discours des pays colonisateurs. Et explique de quelle manière ces derniers utilisent le langage pour gommer la réalité des exterminations qu’ils ont provoquées. Traduction.

Ce texte - dont l’original est disponible ICI - est la préface de The Politics of Genocide, livre portant sur l’utilisation du terme "génocide". Les auteurs reviennent sur l’instrumentalisation du mot - dans la deuxième moitié du XXe siècle - par les gouvernements, médias et universitaires pour diaboliser ceux qui s’opposent aux politiques impérialistes du capitalisme américain. Une lecture de l’histoire parfaitement en phase avec celle de Chomsky [1].

Deux grandes questions parcourent ce texte. Quel est le véritable sens des mots que l’on utilise, et particulièrement du terme génocide ? Et surtout, comment les États-Unis ont-ils réussi à faire oublier au reste du monde que la fondation de leur pays repose sur l’une des plus grandes exterminations de masse qui soit ?
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La fin de la guerre froide a ouvert la porte à une ère de négation virtuelle de l’Holocauste. C’est peut-être la leçon la plus bouleversante de cette magistrale enquête. Comme le disent les auteurs plus sobrement, « Au cours des dernières décennies, le mot « génocide » a augmenté en fréquence d’utilisation et a été utilisé de manière de plus en plus insouciante, si bien que le crime du 20e siècle pour lequel le terme a été inventé à l’origine semble souvent galvaudé. » Ils montrent qu’un usage courant de ce terme est une insulte à la mémoire des victimes des nazis.

Il peut être utile, toutefois, de rappeler que les pratiques sont profondément enracinées dans la culture intellectuelle en vigueur, si bien qu’elles ne seront pas faciles à éradiquer. Nous pouvons observer cela en considérant les cas de génocides les moins ambigus et leur dévalorisation sémantique. Les cas pour lesquels le crime est reconnu par ceux qui l’ont perpétré, mais est désormais perçu comme insignifiant, voire a été rétrospectivement nié par ceux qui en ont profité, jusqu’à aujourd’hui.

Le colonialisme d’occupation, souvent la forme la plus vicieuse de conquête impériale, en fournit des illustrations frappantes. Les colons anglais en Amérique du Nord ne s’embarrassaient pas d’états d’âme. Le général Henry Knox, héros de la guerre révolutionnaire et premier secrétaire à la guerre dans les colonies d’Amérique nouvellement libérées, a ainsi décrit « le déracinement complet de tous les Amérindiens dans la plupart des régions peuplées de l’Union » comme ayant été réalisé de manière « plus destructrice pour les indigènes Américains que ne l’a été l’attitude des conquérants du Mexique et du Pérou ». Ce qui n’aurait pas été une mince affaire. Dans ses dernières années, le président John Quincy Adams a reconnu le sort de « cette malheureuse race d’indigènes Américains, que nous exterminons avec tant d’impitoyable et perfide cruauté, [comme faisant partie] des abominables péchés de cette nation, pour lesquels je crois que Dieu [la] jugera un jour. »

Les commentateurs contemporains voient les choses différemment. L’éminent historien de la guerre froide John Lewis Gaddis salue en Adams le grand stratège qui a posé les bases de la Doctrine Bush selon laquelle « l’expansion est la voie vers la sécurité. » De façon plausible, et avec une évidente satisfaction, Gaddis considère cette doctrine comme systématiquement applicable tout au long de l’histoire de « l’empire naissant », comme George Washington appelait la nouvelle République. Gaddis passe sous silence les contributions macabres d’Adams aux « abominables péchés de cette nation », lors de l’établissement de cette doctrine et de celle de la guerre décidée par l’exécutif - en violation de la Constitution - dans un célèbre document du Département d’État justifiant la conquête de la Floride selon des prétextes totalement fallacieux de légitime défense. La conquête a fait partie du projet d’Adams de « déplacer ou éliminer les Amérindiens du sud-est », pour reprendre les termes de William Earl Weeks, le grand historien du massacre, qui fournit un compte-rendu macabre de la « démonstration d’assassinat et de pillage » prenant pour cible les Indiens et les esclaves en fuite.

Pour citer un autre exemple, dans le numéro du 11 Juin 2009 d’un leader mondial des revues intellectuelles libérales, The New York Review of Books, l’analyste politique Russell Baker décrit ce qu’il a appris du travail de l’ « héroïque historien » Edmund Morgan : à savoir, que Christophe Colomb et les premiers explorateurs ont « trouvé une immensité continentale faiblement peuplée par des agriculteurs et des chasseurs... Dans le monde sans limites et préservé qui s’étend de la jungle tropicale au nord congelé, il pouvait y avoir à peine plus d’un million d’habitants. » Le calcul est estropié de plusieurs dizaines de millions, et l’ « immensité » comprenait des civilisations avancées, mais peu importe. L’exercice de déni du génocide nécessite peu de préavis, sans doute parce qu’il est si banal, et réalisé pour la bonne cause. [2]
La conquête impériale illustre une autre thèse qu’Herman et Peterson explorent : Ce que l’ambassadrice d’Obama à l’ONU, Mme Susan Rice, appelle la « norme internationale émergente reconnaissant le « devoir de protection » dont disposent les civils innocents face à la mort à grande échelle ». Il est bon de garder à l’esprit que la norme n’est pas « émergente », mais plutôt séculaire, et a constamment été une ligne directrice impériale, invoquée pour justifier le recours à la violence quand d’autres prétextes font défaut.
Les conquistadors espagnols du début du XVIe siècle ont pris soin d’apprendre aux indigènes que si vous « reconnaissez l’Église comme souveraine et régnante sur le monde entier, » alors nous « vous accueillerons dans l’amour et la charité, et vous laisserons, vous, vos épouses, vos enfants et vos terres, libres et hors de la servitude, » et même « nous vous accorderons de nombreux privilèges et exemptions et vous donnerons de nombreux avantages, » accomplissant ainsi notre devoir de protection, selon la terminologie actuelle. Mais ceux qui sont protégés ont aussi des responsabilités, comme n’ont pas manqué de sévèrement le rappeler les humanitaires espagnols : « si vous [manquez à ces obligations, alors] nous entrerons dans votre pays avec fracas, et ferons la guerre contre vous de toutes les façons que nous pourrons ... et nous considèrerons que les décès et pertes découlant de ceci sont de votre fait, et non de la faute de leurs Altesses ou de la nôtre, ni de celle de ces cavaliers qui viennent avec nous » - des mots paraphrasés par certains groupes extrémistes islamiques - se considérant sans doute aussi comme bienveillants et humanistes - dans leurs mises en garde aux infidèles occidentaux.

Le Requerimiento des conquérants espagnols a trouvé un écho un siècle plus tard, parmi les colons anglais s’installant en Amérique du Nord. À ce jour, les États-Unis sont vus avec respect et admiration, chez eux du moins, comme « une ville sur une colline » ou, comme préférait l’appeler Ronald Reagan, « une ville qui brille sur une colline ». En avril 2009, l’historien britannique Geoffrey M. Hodgson s’est fait sermonner par le journaliste libéral du New York Times Roger Cohen, parce qu’il avait décrit les États-Unis comme « juste un grand - mais imparfait - pays parmi d’autres. » Cohen a expliqué que l’erreur d’Hodgson est son incapacité à comprendre que, contrairement aux autres États, « L’Amérique est née comme émerge une idée », comme une « ville sur une colline », une « notion inspirante » ancrée « en profondeur dans la psyché américaine. » Ses crimes ne sont que de simples défaillances malheureuses, qui ne ternissent pas la noblesse essentielle de la « finalité transcendante » de l’Amérique, pour reprendre l’expression de l’éminent savant Hans Morgenthau, l’un des fondateurs de l’école réaliste et insensible de la théorie des relations internationales, comme il l’écrit concernant « le but de l’Amérique. »

Comme les Espagnols, les colons anglais ont été guidés par les « normes humanitaires émergentes » de Rice. L’expression inspirante « ville sur une colline » a été inventée par John Winthrop en 1630, lorsqu’il décrivait l’avenir glorieux d’une nouvelle nation « sanctifiée par Dieu ». Une année plus tôt, sa colonie de la baie du Massachusetts recevait sa charte du roi d’Angleterre, et établissait son Grand Sceau. Le Sceau représente un indien tenant une lance pointée vers le bas en signe de paix, et suppliant les colons de « venir et nous aider ». La Charte stipule que la conversion de la population - les sauver de leur amer destin païen - était « le but principal de cette implantation. » Les colons anglais aussi réalisaient une mission humanitaire lorsqu’ils déplacèrent et exterminèrent les indigènes - pour leur propre bien, comme l’ont expliqué leurs successeurs. Pendant son deuxième mandat en tant que président il y a un siècle, Theodore Roosevelt a expliqué à un groupe de missionnaires blancs que « l’expansion des peuples de sang blanc, ou européen, au cours des quatre derniers siècles... s’est accompagnée d’un bénéfice durable pour la plupart des peuples vivant déjà sur les terres sur lesquelles l’expansion a eu lieu, » en dépit de ce que les Africains, les Amérindiens, les Philippins et les autres bénéficiaires pourraient croire à tort.

La politicisation vulgaire de la notion de génocide, et la « norme internationale émergente » de l’intervention humanitaire, semblent être des produits de la fin de la guerre froide, qui a supprimé les prétextes standards d’intervention tout en laissant intact le cadre institutionnel et idéologique menant à sa pratique régulière au cours de ces années. Il n’est pas surprenant, alors, que dans l’ère post-guerre froide, comme l’ont observé Herman et Peterson, « tout comme les gardiens de la « justice internationale » doivent toujours trouver un seul crime commis par une grande puissance blanche du Nord contre des gens de couleur qui relèverait de leur domaine de compétences, de même tous les beaux discours sur la « responsabilité de protéger » et la « fin de l’impunité » n’ont jamais été étendus une seule fois aux victimes de ces mêmes pouvoirs, quelle que soit la gravité des crimes commis. »

Ce résultat avait été prévu il y a soixante ans dans l’une des premières décisions de la Cour internationale de justice qui a statué à l’unanimité en 1949, dans le cas du Détroit de Corfou, que « La Cour ne peut considérer le prétendu droit d’intervention que comme la manifestation d’une politique de puissance, telle que celles qui ont donné lieu aux abus les plus graves par le passé et qui ainsi ne peuvent pas, quels que soient les défauts de l’organisation internationale, trouver une place dans le droit international... ; de par la nature des choses, l’[intervention] serait réservée aux États les plus puissants, et pourrait aisément conduire à pervertir l’administration de la justice elle-même. » L’intervention est comme le fleuve Mississipi, ainsi que l’a remarqué le spécialiste de droit international Richard Falk : elle coule du nord au sud.

Dans les grandes lignes, la même conclusion a été établie en 2004 par un groupe de haut niveau convoqué par l’Organisation des Nations Unies afin d’examiner le nouveau concept à la mode de « devoir de protection », invoqué par les États-Unis et ses alliés pour justifier une intervention militaire sans l’autorisation du Conseil de Sécurité. Le groupe a rejeté ce concept, en adoptant le point de vue du Sommet du Sud - représentant les victimes traditionnelles - qui avait condamné « le soi-disant « droit » d’ingérence humanitaire » à la suite des bombardements de la Serbie par l’OTAN. Le groupe de l’ONU a réaffirmé les conclusions de la Charte des Nations Unies, selon laquelle la force ne peut être déployée qu’avec l’autorisation du Conseil de sécurité, ou en vertu de l’article 51, dans la défense contre une agression armée jusqu’à ce que le Conseil de Sécurité agisse. L’article 51 est généralement interprété comme autorisant l’emploi de la force lorsque « la nécessité d’une action est immédiate, inévitable, ne laissant ni le choix des moyens, ni le moindre instant de réflexion », selon l’expression classique de Daniel Webster. Le groupe a conclu que « l’article 51 n’a besoin ni d’extension, ni de restriction quant à son champ d’application élargi, ... il ne doit être ni réécrit ni réinterprété. » Le comité a ajouté que « Pour ceux qu’une telle réponse ne satisfait pas entièrement, la réponse doit être que, dans un monde plein de menaces potentielles perçues, les risques envers l’ordre mondial et la norme de non-intervention sur laquelle il continue d’être fondé sont tout simplement trop importants pour accepter la légalité de l’action unilatérale préventive, par opposition à l’action collectivement approuvée. Permettre à l’un d’agir ainsi, reviendrait à le permettre à tous. »
Permettre à tous d’avoir les droits d’une puissance occidentale serait évidemment impensable. Ainsi, quand le vice-président Joe Biden dit (le 6 Juillet 2009) qu’Israël a le « droit souverain » d’attaquer l’Iran, et que les États-Unis ne peuvent pas entraver une telle action (avec l’équipement dont ils disposent) parce que Washington « ne peut pas dicter à un autre pays souverain ce qu’il peut et ne peut pas faire », il ne veut pas dire que l’Iran a le « droit souverain » d’attaquer Israël si le pays prend au sérieux les menaces régulières d’agression par la puissance nucléaire régnant sur la région, alors que les États-Unis se tiendraient tranquilles. Il est toujours nécessaire de se rappeler la maxime de Thucydide : « Tel que va le monde, le droit ne se discute qu’entre égaux dans le pouvoir, alors que les forts font ce qu’ils peuvent, et que les faibles subissent ce qu’ils doivent. » Ceci est le principe fondamental en vigueur dans l’ordre international.

Les pouvoirs impériaux traditionnels sont les seuls à adopter la « norme internationale émergente » de Rice sous la forme classique que cette dernière avait sans doute à l’esprit. Encore une fois, cela ne devrait guère être une surprise. Quant au terme « génocide », la voie la plus honorable serait peut-être de le radier du vocabulaire jusqu’au jour, si jamais il arrive, où l’honnêteté et l’intégrité deviendront une « norme émergente ».

Pour ceux qui souhaitent approfondir, les autres articles concernant Chomsky sur ArticleXI : Son hommage à Howard Zinn, la retranscription d’une de ses conférences : "le moment unipolaire et l’ère Obama", un retour sur la polémique le liant à l’antisémite Faurisson, ou encore sur sa visite récente à Paris.

Notes
[1] Ce dernier considère que le terme génocide est aujourd’hui galvaudé, parce qu’il n’a plus grand chose à voir avec sa signification originelle. Selon lui, ce terme ne devrait être utilisé que lors de l’extermination d’un peuple à très grande échelle - la Shoah, par exemple. À moins - sinon - de re-qualifier un certain nombre d’actes, commis notamment par les puissances occidentales, en "génocides".
[2] Note de l’auteur : Aucune lettre n’est arrivée en réaction. Toutefois, quatre mois plus tard (le 8 octobre 2009), les éditeurs ont publié une « clarification », qui se lit comme suit : « Dans sa critique du recueil d’essais de Edmund S. Morgan Heros Américains : profils d’hommes et de femmes qui ont façonné l’Amérique à ses débuts [NYR, 11 Juin], Russell Baker, en s’appuyant sur des estimations mentionnées dans l’essai de Morgan de 1958 L’Indien inflexible, a écrit que dans l’Amérique du Nord à l’époque de Christophe Colomb, il pouvait ne pas y avoir beaucoup plus d’un million d’habitants. Toutefois, les données archéologiques et des recherches démographiques au cours des dernières décennies suggèrent que ce nombre était beaucoup plus important, avec des estimations allant jusqu’à 18 millions d’habitants. » La "clarification" est peut-être même pire que l’original. Baker ne parlait pas de l’Amérique du Nord ("de la jungle tropicale"). Plus de trente ans auparavant, il était déjà de notoriété publique qu’en Amérique du Nord (telle que définie dans l’ALENA, Mexique compris), les populations se chiffraient en dizaines de millions, et beaucoup plus au-delà ; et que même aux États-Unis et au Canada, les chiffres étaient d’environ dix millions ou plus. Il était également connu, même bien avant, que l’ « immensité faiblement peuplée ... le monde préservé » comprenait des civilisations avancées (aux États-Unis et au Canada aussi). Cet épisode remarquable reste un « déni de génocide », souligné par la « clarification ».

Noam Chomsky, en préface de "The Politics of Genocide", Edward S. Herman et David Peterson (Monthly Review Press, 2010) 

Traduction mise en ligne 7 janvier par Benjamin sur ArticleXI

(Photo : Steve Pyke)

07/01/2011

VIDEO : 39 Documentaires faits pour vous!

Ça fait déjà quelques temps que BERSERK traine la liste d'une trentaine de documentaires. Elle tenait bonne place dans le #2 version papier sortie en juin dernier, elle a fait le tour de nos connaissances, elle est devenu, et c'est bien normal, la page la plus visitée de notre site. Pour tenter de vous contraindre à aller vous même chercher les liens vers ces docus, on avait collé les synopsis, les bande-annonces mais nous nous étions bien garder de vous communiquer les liens directs vers les vidéos... Ce manège doit cesser.


Vous n'avez pas encore vu tous ces documentaires, parce que vous n'avez pas le temps, parce que vous avez la flemme... On s'en fout! Plus d'excuse! Aujourd'hui BERSERK balance tous les liens directs vers les vidéos, en plus des synopsis et des bande-annonces :

LET'S MAKE MONEY, LES DISSIMULATEURS, révélations sur les circuits de l'argent invisible, PARADIS FISCAUX, la grande évasion, THE CORPORATION, L'AFFAIRE CLEARSTREAM racontée à un ouvrier de chez Daewoo, THE FOURTH WORLD WAR, 90 Minutes : Attentats de Paris : On pouvait les empêcher, THE POWER OF NIGHTMARES : The Rise of the Politics of Fear, FOOD, INC., LE MONDE SELON MONSANTO, WE FEED THE WORLD, L'EMBALLAGE QUI TUE, MALES EN PÉRIL, THE ISREALI LOBBY : The influence of AIPAC on US Foreign Policy, JESUS CAMP, DEFAMATION, OIL, SMOKE and MIRRORS, IRAQ FOR SALE : The War Profiteers, THE OIL FACTOR, LE FABULEUX VOYAGE D'UN BARIL DE PÉTROLE, GLADIO, LES EXPÉRIENCES SECRÈTES DE LA CIA, QUAND LA CIA INFILTRAIT LA CULTURE, HACKING DEMOCRACY, AMERICAN BLACKOUT, THE TRAP : What happened to our dreams of freedom?, THE CENTURY OF THE SELF, LE TUBE, THE SHOCK DOCTRINE, LA MISE A MORT DU TRAVAIL, VOLEM RIEN FOUTRE AL PAIS, ATTENTION, DANGER TRAVAIL, BIG BROTHER, BIG BUSINESS, LE TEMPS DES BIOMAITRES, PAX AMERICANA, THE FOG OF WAR, WIKILEAKS: La guerre contre le secret, WIKIREBELS, LA SOCIOLOGIE EST UN SPORT DE COMBAT.


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