14/11/2018

Playlist #WEEK46/18 - HipHop

























Bon bon bon. C'est quoi le hip hop? On pourrait commencer par là. Ou pas en fait. De mon coté j'ai arrêté d'essayer de définir le genre ou les sous-genres. Le hip hop pour moi c'est un carrefour sur lequel tous les styles se croisent et il finit par s'y passer des trucs vraiment étranges, des rencontres. Vous allez voir on va commencer fort. On débute même hors playlist avec le morceau le plus barré de tous les temps. 
Mais je vous rassure, une fois dans le vide du sujet, on repassera par quelques fondamentaux et surtout par des trucs plus mélodieux tout en passant par des sons très différents, de différents pays et époques. L'idée c'est de montrer que le hip hop est bien plus éclectique que ce que certains pensent mais comme d'hab', même en 20 morceaux, je ne vise pas l'exhaustivité.  Accrochez-vous juste bien au début, vos oreilles vont prendre un coup ;) 




WEEK46/18:
1. Danny Brown - Lie4 (LTGL Remix) (US/BE - 2013)
2. Milo - Pablum / CELESKINGIII (US - 2017) 
3. Lonny X - Triple Up (US - 2016)
4. Bishop Neru ft. MF Doom - Lemon Grass (US - 2012)
5. Veence Hanao - Kick, Snare, Bien.. (BE - 2011)
6. Heltah Skeltah ft. Originoo Gunn Clappaz - Leflaur Leflah Eshkoshka (US - 1996)
7. Chynna - Practice (US - 2017)
8. Vald - Urbanisme (FR - 2015)
9. DJ Premier, KRS-One, Doug E Fresh, Fat Joe, Jeru The Damaja, etc. - 1, 2 Pass It (US - 1995)
10. Veence Hanao x Le Motel - Les Moineaux (BE - 2018)
11. King Krule - Easy Easy (JaeGenius Remix) (UK - 2013)
12. Quasimoto aka Madlib - Green Power (US - 2000)
13. Princess Nokia - Tomboy (US - 2016)
14. Chynna - Leo Season (US - 2018)
15. Jonwayne - Out of Sight (US - 2017)
16. Quelle Chris ft. Denmark - Symbolic (US - 2011)
17. Edgar The Beatmaker aka King Krule - Oozing For An Hour (UK - 2017)
18. Eyedress ft. King Krule - Return of the wicca Mane (PH/UK - 2015)
19. DJ Vadim ft. Motion Man - Till Suns In Your Eye (RU/UK - 2002) (ref last week)
20. Daedelus ft. Cyne (US - 2005)

12/11/2018

Docu : The Untold History of the United States

C'est un peu l'histoire américaine du point de vue de la gauche que nous raconte ici Oliver Stone, le réalisateur de Platoon, Wall Street et JFK, entre autres. On pense ce qu'on veut de sa filmographie comme de sa conception de la gauche —l'homme était ami de Chavez, de Castro, et a sans doute plus de respect pour Poutine qu'il n'en faut. Mais les presque douze heures qu'il consacre ici à l'histoire tumultueuse de son pays ne sont pas perdues. D'autant qu'il y a dans la démarche un petit quelque chose du fantastique historien télévisuel Henri Guillemin, bien que le souci du phrasé et du détail soit ici un peu moins présent. 

Je suppose que vous êtes béton sur la guerre froide et les années Bush I - Clinton - Bush II - Obama, donc je vous recommande surtout les premiers épisodes, notamment celui sur la succession de Roosevelt (Truman vs. Wallace). Même s'il se présente comme un Empire, ce pays est traversé de contradictions et de conflits internes (comme tout en fait). C'est sans doute une bonne série à montrer aux conspis' de tout poil pour leur faire découvrir le degré de complexité que peut atteindre l'histoire... 

PS : Si le sujet vous intéresse mais que vous êtes plutôt BD, je vous recommande Une histoire populaire de l'empire américain de Howard Zinn, également auteur du très volumineux Une histoire populaire des États-Unis De 1492 à nos jours, ici en .pdf et en français. #CtrlF 

Prologue A : 1900-1920 - World War I, The Russian Revolution & Woodrow Wilson


Prologue B : 1920-1940 - Roosevelt, Hitler, Stalin: The Battle of Ideas


Chapter 01 : World War II


Chapter 02 : Roosevelt, Truman & Wallace


Chapter 03 : The Bomb


Chapter 04 : The Cold War: 1945-1950


Chapter 05 : The '50s: Eisenhower, the Bomb & The Third World


Chapter 06 : JFK: To the Brink


Chapter 07 : Johnson, Nixon & Vietnam: Reversal Of Fortune


Chapter 08 : Reagan, Gorbachev & Third World: Rise Of The Right


Chapter 09 : Bush & Clinton: Squandered Peace – New World Order


Chapter 10 : Bush & Obama: Age of Terror

11/11/2018

Anecdote sur Pétain et les forces de la réaction


Tout au bout d'une très longue vague qui m'amenait d'un bout à l'autre du net, je me suis retrouvé sur la page wiki de la Place de la Nation. Au centre de celle-ci se trouve un monumental groupe en bronze réalisé par Jules Dalou et baptisé Le Triomphe de la République. Encore un clic et j'arrive donc sur la page de ce monument pour en connaitre l'histoire. Grosse galère, gros retards, et double inauguration d'une version plâtrée le 21 septembre 1889 pour le centenaire de la révolution, puis de la version en bronze le 19 novembre 1899. C'est ici qu'intervient notre anecdote (je cite wiki) : 
"En 1908, des monstres marins en bronze, réalisés par le sculpteur animalier Georges Gardet, sont installés dans le bassin. Ces animaux, symboles des forces de la réaction impuissantes qui crachent des jets d'eau vers le groupe monumental, reprennent une idée qui avait été esquissée puis abandonnée par Dalou. Ces éléments en bronze seront enlevés sous le régime de Vichy pour récupération du métal par l'occupant allemand." 
Voilà de quoi rire encore un peu au moment où personne ne sait réellement pourquoi Macron et sa clique s'étaient mis en tête de réhabiliter la mémoire de cette grosse enflure de Pétain. Et puis si on apprécie les symboles, il est toujours plaisant d'imaginer une époque où les réacs' étaient représentés comme des merdes dans l'art officiel. Je trouve qu'on manque d'un peu de cette symbolique...





08/11/2018

Docu : The pervert’s guide to ideology

Un documentaire sympa si vous aimez le cinéma et que vous êtes communiste, mais pas que. Pour le reste, l'essentiel est dans le titre. Ca peut sembler lourd, mais à travers une mise en scène impeccable réalisée par Sophie Fiennes (avec laquelle il avait déjà collaboré pour le documentaire The Pervert's Guide to Cinema), Zizek nous emmène d'un plateau à l'autre, d'un film à l'autre, d'une manifestation de l'idéologie à l'autre. C'est très bien foutu, ça se regarde très bien. N'y cherchez pas des réponses, écoutez les questions. 


07/11/2018

Playlist #WEEK45/18 - Beats

























Ici on est un peu dans mon biberon. J'ai commencé a vraiment apprécier la musique avec DJ Krush, DJ Cam, DJ Shadow, DJ Vadim. Les écuries c'était Ninja Tune, Mo Wax ou Warp. (Merci à eux aussi parce que c'est leurs catalogues que j'ai dévorés juste après.) Bref à l'époque c'était beats et turntablism à toute heure avec de l'herbe le soir, et ça a été une très bonne porte d'entrée vers des nouveaux styles et une écoute un peu différente de la musique. Il y a un son de Vadim qui le dit mieux que moi mais je le garde pour la semaine prochaine. En attendant, voilà une sélection un peu éclectique de morceaux qui plongent dans les différents sous-genres qui vous vous en doutez sont nombreux, puisque les beats makers de tout âge ont bénéficié à plein de la révolution informatique, de la multiplication des machines et des logiciels, de la diffusion en-ligne, bref du home studio. (Je ne vise donc pas l'exhaustivité.) Une pensée tout de même pour le regretté turntablism tombé dans l'affaire. 

PS: Mes sources hebdomadaires : Godsconnect & ElFamosoDemon. 

WEEK44/18:
1. Dil Withers - Touch (US - 2017)
2. Ahwlee - Life2 Outtakes (US - 2018)
3. FlyamSam aka Flying Lotus & Samiyam - Green Tea Power (US - 2007)
4. Cut Chemist - Re Work My Mind (US - 2017)
5. SnkΔ - Parmentier (DE - 2018)
6. ShunGu - All Day (BE - 2014)
7. Bill Adlib - Sad.Way (US - 2017) (!!!)
8. Ugochukwu - Windows 95 (? - 2018)
9. Tajima Hal - Green Ocean (JP - 2017)
10. Otesla - Planeten (DK - 2017)
11. Awunsound - Symmetrical Jazz (UK - 1994)
12. Tommy Guerrero - Terra Unfirma (US - 2003)
13. Edgar The Beatmaker aka King Krule - Foetus (UK - 2013)

04/11/2018

De la démocratie...




Il y a une phrase que je me répète quand tous surjouent à nouveau la surprise. Elle est issue d'Appel, une bien belle brochure pleine d'entrain publiée autour de 2005 et elle va comme ça :


« Et le sport qui consiste à décrire sans fin, avec une complaisance variable, le désastre présent, n’est qu’une autre façon de dire : « C’est ainsi » ; la palme de l’infamie revenant aux journalistes, à tous ceux qui font mine de redécouvrir chaque matin les saloperies qu’ils avaient constatées la veille. »

J'ai l'impression que certains redécouvrent aujourd'hui encore la capacité d'un "régime démocratique", d'une "démocratie", de la "démocratie", à porter des fascistes au pouvoir. Merde. C'est pourtant la base depuis le lycée. Hitler est d'abord élu puis s'installe sur une série de malentendus... 

Voilà ce qui arrive quand les mots creux ont totalement remplacé le sens, ou l'idée. Qui sait encore à quoi il fait référence quand il parle de démocratie? Car il semblerait bien que toute cette affaire brésilienne, tout comme l'américaine et les différents spin-offs européens, soit finalement parfaitement conforme à la "démocratie" des libéraux. 

Et encore une fois, la confusion profite aux jeunes fascistes et sympathisants de droite écervelés qui font feu de tout bois sur le moindre commentaire, forum ou chat de la république, (je m'y suis frotté), mettant ceux et celles qu'ils qualifient de "gauchistes" face à cette contradiction : "Vous critiquez Trump et Bolsonaro mais ils sont le fruit du vote, de la démocratie! N'êtes-vous pas démocrate? Car vous dites que je suis fasciste, mais moi je soutiens la décision du peuple."

Jeu, set et match, dans leurs esprits étriqués j’entends. Tant qu'on jouera avec leurs mots, qui sont pourtant ceux que l'ennemi a vidés de toute substance devant nous en les utilisant dans ses mensonges, il est certain qu'on n'arrivera à rien. Or on doit convaincre, et vite.

J'en viens à l'image en tête de ce post tirée d'un texte en provenance de la gauche radicale chilienne. Elle m'a mis une petite claque. La symbolique est forte, graphiquement elle est bad ass, mais il a plus. Le discours est complètement méta. On sort de la grille d'analyse "libérale", en un battement de paupière. 

Parenthèse :

Sur la critique de la démocratie, je vous invite à lire 
Le point d'implosion de l'idéologie démocratiste, un texte publié dans Le Brise-Glace en 1989, et encore et toujours (plus) d'actualité...  Teaser : 
Critiquer la démocratie en dénonçant son caractère «formel» et «bourgeois» est une erreur du marxisme vulgaire qui néglige une double réalité: d'une part, l'association dès l'origine entre le mouvement ouvrier et le mouvement démocratique, d'autre part le fait que la démocratie n'est pas une simple idée dont il s'agirait de dénoncer la fausseté mais une réalité au cœur des rapports sociaux capitalistes. Elle est elle-même un rapport social, l'activité qui tout à la fois morcelle les individus et les réunit pour faire fonctionner l'ensemble de la société. 

03/11/2018

Vidéo : Je ne savais pas que je savais

Paradis fiscaux: "Je ne savais pas que je savais". Un film de 23 minutes réalisé par Alexandre Gingras en collaboration avec Alain Deneault.

Un court-métrage sur les références aux paradis fiscaux dans les arts. Un appel à une mobilisation publique contre les législations de complaisance.
D’après l’essai Offshore, Paradis fiscaux et souveraineté criminelle d’Alain Deneault.

Présentation (Source) : "C'est l'histoire d'un signe qui ne trompe pas : depuis des décennies, les fictions cinématographiques produites à Hollywood, tout comme de nombreuses bandes dessinées belges ou les romans de gare publiés à New York ou à Paris, sans parler de productions autres, inscrivent les paradis fiscaux dans leurs intrigues. Pourquoi ? Rarement pour informer le public de leur réalité et encore moins pour le mobiliser politiquement sur cette question, mais parce que ceux et celles à qui sont destinées ces oeuvres sont eux-mêmes intuitivement conscients du phénomène et requièrent qu’il en soit fait état dans les intrigues. Par souci de vraisemblance, il faut faire état de l'existence des paradis fiscaux dans les scenarii, sans quoi les spectateurs, à raison, ne les prendraient pas au sérieux ou perdraient tout simplement le fil. Comment croire en la pertinence d’une histoire qui relate les tribulations d’un responsable politique corrompu, d’un baron de la drogue, d’une trafiquante de matières dangereuses ou d’un vendeur d’armes si ces personnages ne recourent pas aux paradis fiscaux et autres législations de complaisance ? Ces productions esthétiques de qualité diverses sont le révélateur d’un état de conscience. "Paradis fiscaux : Je ne savais pas que je savais" se présente comme une invitation à en tenir compte afin que soit engagée sans ambages, mais cette fois sur un mode critique et politique, une mobilisation publique contre les législations de complaisance et les nombreux torts qu'elles occasionnent."

01/11/2018

Jour des morts (Détournement ft. Zizek)

Voici un petit détournement des familles réalisé il y a déjà quelques années. Le texte est emprunté au philosophe Slavoj Zizek, plus exactement à la conclusion de son documentaire The Pervert's Guide to Ideology (2012). Zizek s'appuie sur Walter Benjamin pour ce passage qui pourrait donner un nouveau sens à ce jour des morts. Je vous mets le texte et la séquence vidéo en dessous. 





How come is it easier for us to imagine the end of all life on earth, an asteroid hitting the planet, then a modest change in our economic order. Perhaps the time has come to set our priorities straight and to become realist by way of demanding the impossible in the economic domain... The surprising explosion of occupy, the mass mobilisation in Greece, the crowd on Tarhir square, they all bear witness to the hidden potential for a different potential future. There is no guarantee that this future will arise, no train of history on which we simply have to take a ride. it depends on us, on our will. In revolutionary upheavals, some utopian dreams take place, they explode, and even if the actual result of a social upheaval is just a commercialized everyday life, this excess of energy, what gets lost in the result persists not in reality but as dream hunting us, waiting to be revealed. In this sense, whenever we are engaged in radical emancipatory politics, we should never forget, as Walter Benjamin put it almost a century ago, that every revolution is not only directed towards the future, but it redeems also the past failed revolutions. All the ghosts, the living dead of the past revolutions, will finally find their home in the new freedom.

Slavoj Zizek

 
CAMARADES