Bitter Lake est un documentaire produit par la BBC sorti en 2015 et réalisé par le documentariste anglais Adam Curtis. Le propos du film est de démontrer que les politiciens occidentaux ont simplifié l'histoire du jihadisme et takfiriste en un simple récit du bon contre le méchant, contribuant ou réagissant au chaos et au désordre grandissant dans les sociétés occidentales. Chaos que ces mêmes politiciens ne perçoivent ni ne comprennent.
Du même réalisateur et sur une thématique proche, je vous recommande The Power of Nightmare.
Mais enfin pourquoi doncque vous affolez-vous.
Vont-ils à la Nation ou à la République ?
LE TROISIÈME CONSEILLER
Ni l’un ni l’autre hélas, la masse est anarchique.
LE NOUVEAU DEUXIÈME CONSEILLER
Elle a soupé des cortèges inoffensifs,
Il ne lui reste que le moment convulsif.
LE TROISIÈME CONSEILLER (raccrochant un téléphone)
Sur les grands boulevards, ils s’en prennent aux banques !
LE NOUVEAU DEUXIÈME CONSEILLER
Je crains que de génie vous ne soyez en manque…
Livrant la société au joug de la finance
Fatalement devaient venir les conséquences.
En voilà semble-t-il la manifestation,
Je vois bien dans vos yeux votre stupéfaction,
Quoique vous n’en ayez pas le juste motif :
Depuis longtemps ces faits sont pour vous hiéroglyphes.
Vous êtes étonnés : le peuple est en pétard –
La vraie surprise étant qu’il s’y mette si tard.
Car si le corps social est plutôt bonne pâte,
Il n’est pas pour autant d’une humeur toute plate.
Il est vrai que capable d’endurer longtemps,
Il induit en erreur tous les gouvernements
Trop pressés de le croire sans limite élastique.
Or comme tout le monde, il a ses points critiques.
Vienne l’abus de trop ou l’incrément odieux
Et le seuil est franchi, et soudain tout prend feu.
Le pouvoir sidéré qui n’y a rien compris,
Contemple interloqué et d’un air interdit
Le désastre qu’il a lui-même préparé
– L’innocence jointe à la bêtise éberluée.
La colère du peuple est comme un réservoir,
Longtemps se remplissant sans rien laisser voir,
Et puis un jour soudain vient le litre de trop
Qui fait rompre la digue et libère les eaux.
Voilà que je m’y perds dans mes analogies,
Ici le tsunami, à l’instant l’incendie,
Mais vraiment peu importe, l’essentiel est ailleurs :
Ce système périt sous trop de déshonneur.
Il a accumulé scandale et discrédit
À un point de dégoût voire d’ignominie.
Elites corrompues, possédants aveuglés
Ont été incapables de le modérer.
Il eut suffi pourtant de peu de concessions
Pour tenir en lisière les exaspérations.
Mais le libéralisme, l’hubris du capital
Ont ouvert une époque signée de bacchanales,
Une époque offerte à l’envie des parvenus,
Des puissants libérés de toute retenue.
Pour avoir tout voulu, ils risquent de tout perdre,
On les verra sous peu tel Ubu crier « merdre ! »,
Ce mot de l’avanie qui, giflant l’arrogance,
Dessille le mirage de la toute puissance,
Et laissent ceux qu’alors elle a si bien trompés
Au milieu de leurs ruines, cois et désemparés.
(Bruits d’émeutes venus du dehors)
LE TROISIÈME CONSEILLER (apeuré)
C’est l’insurrection qui vient…
LE NOUVEAU DEUXIÈME CONSEILLER
D’un retournement l’autre, l’histoire a ses relèves.
Fuyez quand il est temps, le goudron se soulève…
The School of Life est une petite entreprise anglaise qui fait son beurre autour de différents savoirs et de la transmission de connaissance, agrémenté de goodies, conférences et autres. Sur le modèle ça n'est pas nécessairement ma tasse de thé, mais obligé de constater que la majorité des vidéos qu'ils diffusent sur Youtube sont de qualité, pour autant qu'on les considère comme des introductions à différentes disciplines ou courants de pensée. Attention donc, le contenu qui suit n'est pas destiné aux puristes. Je poste ici leur playlist philo, mais je vous recommande aussi la vision des vidéos en Théorie Politique, Sociologie, Histoire, et Philosophie orientale. En cliquant sur le petit icône en haut à gauche vous pouvez choisir parmi 25 auteurs.
"Dans l’ensemble impérial français tel qu’il est constitué en 1954, l’Algérie tient une place à part [. ..]. L’Algérie, les enfants français l’ont appris à l’école et au lycée, n’est qu’un prolongement de la métropole ; et il est d’ailleurs vrai que le million de "Français d’Algérie", Français d’origine, naturalisés et israélites francisés par le décret Crémieux en 1870, constituent en Algérie comme une société complète, indiscutablement française. A côté d’eux, les neuf millions de musulmans ne sont au mieux que des demi-citoyens. Entre cette société coloniale et l’État français, les relations sont extrêmement complexes. Les Français d’Algérie n’attendent guère autre chose de la métropole que le maintien pur et simple de leurs privilèges établis par la force et maintenus par des techniques policières, y compris éventuellement par la torture."
Pierre Vidal-Naquet - La torture dans la République
Pacification en Algérie
Documentaire en deux parties d’André Gazut
Coproduction : Article Z, ARTE France
(France, 2002-1h) LE DOSSIER DE PRESSE
Personnellement j'aime pas la boxe, ni le sport en général en fait, en tous cas pas la compétition. Alors pour moi Ali c'est pas un palmarès, ni une carrure ou un physique. C'est "juste" un homme qui à un moment crucial de l'histoire à su voir les choses pour ce qu'elles étaient et a refusé de fermer sa gueule. Le genre de mec à qui je rend volontiers hommage.
Les émeutes d’automne 2005, le CPE de printemps 2006. Fruit d’un an d’enquête, le film confronte le récit croisé de ceux qui ont vécu, de l’intérieur, ces deux événements majeurs. D’un côté, les représentants de l’ordre qui, fait rare, ont accepté de parler d’événements contemporains alors que tous sont encore en place dans les rangs de la police, ou des ministères. Et côté désordre : de nombreux acteurs selon les époques et les problématiques — de l’émeutier au syndicaliste, de l’étudiant aux politiques, des corps constitués aux non organisés.
« Quand la France s’embrase » a nécessité de très longues recherches d’images inédites.Le film est majoritairement construit autour d’images amateurs qui donnent le point de vue de la rue, notamment à Clichy-sous-bois les premières nuits d’émeutes, ou à l’intérieur de la Sorbonne. Figurent également de très nombreuses images inédites de la police qui permettent de mieux comprendre les approches policières. Ou encore des rushs d’actualité jamais diffusés (plan séquence de Nicolas Sarkozy à Argenteuil, le soir du mot « racailles » ; la bataille des Invalides, etc). « Quand la France s’embrase » révèle enfin plusieurs rapports de synthèse des Renseignements généraux et divers documents de la Police, totalement inédits à ce jour.
Un film de David Dufresne et Christophe Bouquet. Yami 2 Productions – 80 minutes – France. Diffusion : 18 octobre 2007, France 2, 22h45, case « infra rouge ».
Alors pourquoi viens-tu sur la terre ? Comme un vrai humain, par laisser-aller. Avec sa dense atmosphère et ses gazons, c'est la planète où il est le plus doux d'atterrir et de séjourner, bien qu'évidemment ses métaux, ses essences, ses êtres sentent fort, et que ce soit le seul astre qui ait l'odeur d'un fauve. Mercure Jean Giraudoux - Amphitryon 38, 1929
Le 9 mai, Mercure est passé entre nous et le soleil. Habituellement elle passe en novembre. Je vous propose de regarder quelques images avec un peu de musique.
Je suis retombé sur cet extrait du film d'animation Patlabor 2 réalisé par Mamoru Oshii et écrit par Kazunori Itô. Un superbe thriller politique sorti en 1993, deux ans avant Ghost in the Shell, de Oshii et Itô encore. La vidéo au-dessus est divisée en deux et propose deux versions anglaises d'un raisonnement, celle du doublage et celle rédigée pour les sous-titres. Le texte est fort et d'actualité dans les deux cas mais le .srt est peut-être un peu plus poussé, alors que la version doublage est plus catchy dans certaines tournures. Je ne sais plus quelle version j'ai vu quand j'avais 15 ou 16 ans, mais elle est restée gravée jusqu'ici. La musique, composée par Kenji Kawai (Ghost in the Shell toujours) est ici.
SOUS-TITRES : 00.00.30 - 00.04.30
Goto : Tell me,
when it's all said and done, what do you think his ultimate goal is? What's he
trying to do? Start a war all by himself?
Arakawa : Start a
war? This war began a long time ago. It's just a question of how to end it,
that's all.
Mr.
Goto. As police officers... As Self-Defense Force officers... What exactly is
it that we're supposed to be protecting? It's been fifty years since the last
war. You and I have lived our lives without being touched by war. Peace... This
peace that we're supposed to be protecting. But what actually constitutes the
peace that this country, this city enjoys? The total war we fought, and the
defeat we suffered. The subsequent occupation by the US military and their
policies... And until recently, the Cold War involving nuclear deterrence and
proxy wars around the globe. And even today, half the world is engaged in civil
war, ethnic clashes, armed conflicts. Our economic prosperity is based on the demand
created by those countless wars. Its hands are covered in blood. That's the
stuff our peace is made of. An unabashed lust for peace based on an unmitigated
terror of war. An unjust peace where we avert our eyes from the foreign wars...
in which others pay the price for that peace.
Goto : It may
be a peace that reeks of gunpowder, but it's still our job to keep it. I'll
take an unjust peace over a just war any day.
Arakawa : I can
understand why you hate the idea of a just war. After all, those words tend to
be spoken by unscrupulous characters. History is filled to the brim with people
who were taken in by them and then taken advantage of. But I'm sure you know
this fact, too. The line that separates a just war from an unjust peace isn't
very clear. Ever since hypocrites have made peace their just cause, we've lost
faith in that peace. Just as wars give rise to peace,
peace
also gives rise to war. An empty, hollow peace that only defines itself as
"not war" will eventually be replaced by something that is a state of
war in all but name. Has that thought ever occurred to you? We reap the
benefits of war, but distance ourselves from it with a television screen. Forgetting
that we're still in the same battleground. No, we only pretend to forget.
Remaining in denial about a fraud like this will bring down a great punishment
on our heads.
Goto : Punished?
Who's going to punish us? God?
Arakawa : In this
city, everybody is like a god. You don't have to an inch to see images far
removed. Or to touch things that aren't there and access other realities that
are there. It's just that these gods don't do anything. If the gods won't do
it, people will.
DOUBLAGE : 00.00.30 - 00.04.30 Goto : Say, do you have any idea as to what Tsuge's ultimate goal is in all of this? what do to you think he's trying to do? Star a war or something? Arakawa: Start a war? The war has already been going on, the important thing is how to bring it to an end, that's the problem. You as a policeman, Gota, me as a self-defense force spook, what is it the two of us are actually trying to protect? It’s fifty years since the end of world war two. We’ve lived our lives never having known war. Violence yes–but that’s recognized as criminal, never a time when the whole country was dedicated to legal violence. Peace? Is it peace we’re working to protect? What is peace meant for this country, for our city, for us? All the effort and passion Japan put into the war ended in Hiroshima in defeat. Then the Americans came, bringing their nuclear deterrent, their cold war, their Hollywood chewing-gum war. And now all over the world there are bullet wars, civil wars, suffering, misery, death. We’re a rich country. And what is our wealth built on? The bloody corpses in all these wars. They’re the foundation of our peace. We now put the same effort into indifference that our parents put into war. Other countries comfortably far away pay the price for our prosperous peace. We’ve learned very well how to ignore their suffering. Gota: No matter how repulsive the peace, it’s still vital to guard it. It may be an immoral peace, maybe an unjust peace, but an unjust peace is still better than a just war. Arakawa: I share your revulsion about “just” wars, if there ever was such a thing it was the war against the nazis, our allies Gota, our allies! But how many millions throughout history have died in the cause of what their lying leaders called “just” wars? And yet it seems to me that the line between a just war and a unjust peace is very faint indeed. If the just war is a lie, is the unjust peace less of a lie? We are told there is peace but we look around us and even if we cannot give it words our lives tell us we cannot believe what we are being told. In the end every war gives way to peace so-called, and every so-called peace is the dormant seed of war. So it’s only a matter of time, til the hard reality of war sweeps away our illusion that the absence of war is peace. So I ask you again, what are we working to protect? We enjoy peace on our T.V. screens while just outside the camera shot the war is raging. We forget we’re just a camera angle behind the battlelines. No, we don’t forget–we quite simply refuse to remember. That cannot go on. Sometime, somehow, we will be punished. Gota: Punished? By who? By God? Arakawa: Anyone in this world can be like God, most in a universe no bigger than their own minds, all-present, all-knowing, and yet impotent outside the confines of their heads. And what God cannot do, men will attempt. Unless. Unless we stop them. They must be stopped. That is our task.
"IF THE JUST WAR IS A LIE, IS THE UNJUST PEACE LESS OF A LIE?"